Bonjour à tous !
Comme promis, voici l'article sur la Transmanche 2009. Il s'agit d'un extrait du dossier réalisé par moi même à l'occasion du centenaire de la traversée de la Manche par Louis Blériot, qui met en parallèle ce qui s'est passé le 25 juillet 1909 et les 1er et 2 mai 2009...
"Il y a à peu près deux mois, je suis tombé sur la fiche de présentation de la Transmanche 2008, laissée sur le bar d’Air Flash, témoignage d’une belle aventure passée. Encouragé par mon instructeur Eric Lefebvre et ma mère, je décidais d’y participer, sans prendre finalement le temps de la réflexion. Mais très vite, le doute s’est installé. Car les enjeux d’une Transmanche sont multiples : traversée maritime et phraséologie anglaise étant les deux principaux. Pourtant, comme à chaque fois que je me lance dans quelque chose, j’élude rapidement ces problèmes pour me laisser aller à l’ivresse de l’imagination… Plus la date de l’évènement se rapprochait et plus je ne pensais qu’à ça ! Une véritable frénésie s’était emparée de moi. L’insouciance et l’esprit d’aventure de mon âge auront eu raison des nombreuses appréhensions qui avaient pu survenir. Néanmoins, il n’était pas question de mettre en défaut la sécurité du vol et c’est ainsi que je me lançais, en élève appliqué, dans la préparation rigoureuse de la navigation et l’entrainement à la pratique de la phraséologie britannique. Et puis, le matin du vendredi 1er mai 2009 est venu l’instant magique du départ.
Il est 8 heures lorsque ma mère et moi arrivons à Amiens Glisy. Le soleil qui s’était fait tant désiré l’année précédente aurait-il pris, cette fois, ses dispositions pour être bien au rendez vous ? Sa présence ne fait qu’accentuer encore davantage la bonne humeur et la convivialité des autres équipages déjà présents. Car malgré l’heure relativement matinale, beaucoup de monde s’affaire déjà à préparer les appareils. C’est si agréable de retrouver des gens aussi passionnés avec lesquels on passe presque plus de temps à discuter qu’à se préparer. L’ambiance est très décontractée malgré l’aventure qui nous attend. Pour ma part, même si je donne l’impression que tout va bien, intérieurement, le petit stress qui m’est habituel avant chaque début de vol, se fait sentir encore d’avantage. Car à 18 ans, une sortie de groupe comme celle-ci impose, inconsciemment, la nécessité d’être à la hauteur pour ne pas décevoir ses ainés.
Mon copilote et moi sortons à notre tour le Zenair du hangar. Peu à peu, la tension retombe. Je suis concentré à bichonner l’appareil, qui arbore désormais fièrement ses couleurs gris et mauve après un bon nettoyage ! Il s’agit de bien représenter Amiens en Angleterre ! Alors que je suis dans les derniers préparatifs, Jean-Jacques, un de mes nouveaux amis, pilote de pendulaire, me demande de venir l’aider à paramétrer son GPS. C’est cela également que j’apprécie beaucoup dans le monde de l’ULM : le partage sans compter de ses connaissances et de ses expériences !Nous regardons les pendulaires prendre le chemin des airs ! Cet envol magnifique nous rappelle que pour le moment nous sommes encore le seul multiaxes ! J’ai donc hâte de rejoindre la base de Verchocq pour rencontrer d’autres collègues. Puis vient notre tour de partir. Personne dans l’axe de l’hélice : CONTACT. Nous nous dirigeons alors tranquillement vers le point d’arrêt de la piste 30 en service ce jour là. Dernières vérifications, l’excitation est à son paroxysme ! Je pousse dès lors progressivement la poignée des gaz en avant… Nous sommes chahutés par la piste en herbe imparfaite puis soudain… c’est le calme. Ça y est ! Nous volons. Nous sommes en route vers notre destinée !
Durant tout le parcours vers Verchocq à 2500 pieds, nous avons l’occasion d’admirer la citadelle de Doullens. Nous volons dans des conditions extrêmement calmes. C’est à la fois grisant et inquiétant. Les routes, les rivières, les éoliennes et les lignes à haute tension défilent sous nos ailes ! Sur notre chemin nous croisons nos modèles, les oiseaux. Quel plaisir de voler ! La visibilité horizontale est quasiment infinie ce qui est de bon augure pour la suite des évènements. Le ronronnement de notre bon vieux moteur Rotax nous amène tranquillement à destination. Nous ne trouvons le terrain de Verchocq qu’au dernier moment ! Bien confondu avec le village voisin. Il y a du monde sur place et il s’agit de ne pas entrer en collision… C’est ma plus grande crainte : l’intégration dans un circuit avec beaucoup de monde. Mais finalement tout se passe sans aucuns soucis. Nous nous posons sur la piste 24 qui est en montée ! C’est une nouvelle expérience pour moi. Pourtant, le touché des roues se fait dans une relative douceur. Nous rejoignons alors le parking où beaucoup d’appareils de toutes catégories sont déjà présents !
Eric nous fait alors un petit briefing sur les conditions à respecter pour le survol de la Manche et l’arrivée en Angleterre. Les choses sérieuses commencent. Laurent Thomas en profite pour relever les différentes immatriculations et caractéristiques des appareils afin d’envoyer le plan de vol. Mais pour l’heure, c’est le temps pour nous de nous restaurer. Je récupère les impressions de Jean-Jacques, jeune breveté, sur la première partie de notre périple. Mais le meilleur est encore à venir.
Il est 14h00 maintenant. Nous enfilons nos gilets de sauvetage. Un frisson s’empare de moi et je me dis : s’ils sont là c’est qu’ils peuvent servir. Pour autant j’essaie de ne pas trop y penser… mais la petite appréhension plane… Elle sera très vite dissipée une fois que nous aurons repris notre route… C’est d’ailleurs aux multiaxes de partir les premiers. Une fois en l’air le début des problèmes commence. Car au loin, trône une imposante masse nuageuse, très inquiétante pour la suite des évènements. Une fois arrivés au contact nous sommes face à un mur de nuages. Nous tentons de descendre pour passer en dessous. En vain. Nous montons alors au dessus de la couche. Nous pouvons dès lors assister à un spectacle digne d’un rêve ! Un véritable champ de coton s’étale devant nous. Mais si le spectacle est magnifique, un problème se pose : pourrons-nous traverser ? C’est à cet instant que je repense au récit d’Odile relatif à la Transmanche précédente. J’hésite… Soudain, j’entends à la radio que c’est plus dégagé sur le Cap Blanc Nez. Nous bifurquons alors dans sa direction. Effectivement, sur place, la situation est nettement meilleure, mais seulement sur la côte. Car la Manche est recouverte de ce manteau neigeux et les trouées sont rares… Je suis en proie au doute ! Et si les conditions étaient les mêmes de l’autre côté… ? Heureusement, le soulagement me vient d’un équipage qui vient de traverser ! En Angleterre la situation est CAVOK ! Sans plus attendre, nous mettons immédiatement le cap sur Douvres ! Le spectacle qui nous est offert par dame nature est absolument extraordinaire ! Une chose que j’apprécie particulièrement lorsque je vole c’est de passer au dessus des nuages et de jouer à saute mouton entre deux trouées ! Cette fois je suis servi. Alors que nous sommes à mi chemin entre les deux pays, nous retrouvons un tétra jaune que nous accompagnons un petit bout de chemin. C’est un rêve qui se réalise : voler en groupe ! L’émotion est à son comble !
Cette fois, nous distinguons les côtes britanniques très distinctement. Mais décidément la beauté du ciel n’a pas fini de nous émerveiller car à peine arrivés en Angleterre, nous nous apercevons que la couche est tellement basse qu’elle vient lécher le sommet des falaises calcaires de Douvres !
Ça y est ! Nous avons traversé ! Mieux encore nous avons suivi quasiment le même trajet que Louis Blériot il y à tout juste un siècle : de Calais au Nord de Douvres ! L’instant est solennel. Il faut cependant rester attentif car pour nous, le voyage n’est pas terminé ! Ce qui nous frappe tout de suite, ce n’est pas tant le paysage, la région du Kent étant de prime abord assez semblable à la région picarde, mais les véhiculent qui roulent à gauche ! Aucun doute, nous sommes bien sur les terres de sa majesté. Alors que nous redescendons sur Douvres puis Folkestone nous croisons en route une très grande antenne plantée là en plein milieu de ce tapis de nuages tel un oasis en plein désert. C’est magique !
Nous arrivons ensuite sur Ashford. Nous touchons au but ! Le contact avec les anglais est alors établi. Il ne nous reste ensuite qu’à annoncer sur la fréquence de Lashenden: « WA beginning left hand downwind runway 11 »… Alors que nous pensons avoir passé le plus dur, une dernière étape nous attend et pour le moins inattendue ! Car en Angleterre, le vent s’est levé et la région bocageuse n’arrange rien. Nous sommes ballotés de part et d’autre de la piste alors que nous sommes en finale… L’atterrissage va s’avérer délicat. Je garde la main sur les gaz, prêt à repartir… Finalement, le posé est relativement doux. Nous dégageons rapidement la piste car il y a du monde derrière ! La pression et l’adrénaline retombent peu à peu ! Elles laissent place à la satisfaction d’un vol bien mené ! J’ai le sourire jusqu’aux oreilles ! Je n’en reviens toujours pas ! Nous arrivons enfin au parking. Je suis épuisé mais très heureux. C’est le plus beau vol que j’ai pu faire jusqu’à présent. A peine avons-nous coupé le contact que nous sommes abordés par un agent des douanes qui nous demande si nous n’avons rien à déclarer. Je me repose alors et profite du spectacle des autres appareils qui arrivent. Tous se font chahuter à l’atterrissage, et même si mon ami Jean-Jacques remettra les gaz, tout le monde arrivera à bon port, si ce n’est un pendulaire qui aura préféré faire demi tour juste avant la traversé ! Je pars récupérer les différentes impressions auprès des équipages. Une grande majorité est épuisée mais très satisfaite de son vol. Au final ce seront 34 machines qui auront réalisé la Transmanche 2009 !
Dès lors tout le monde reprend peu à peu ses esprits en profitant de l’activité soutenu à Lashenden. Nous aurons droit à une très belle démonstration de maniabilité d’un Robinson R22 qui nous permettra de prendre notre mal en patience en attendant l’arrivée du camion Air Flash. Car les émotions ça creuse !
Pendant que l’équipe prépare le repas du soir, il est temps pour nous de monter notre tente juste à côté de notre ULM. Je suis comblé !!! Ce voyage est décidément la réalisation de bon nombre de mes rêves ! N’est-ce pas le bonheur absolu que de pouvoir aller d’un point A à un point B et de dormir juste à côté de notre appareil avant de repartir le lendemain vers de nouvelles aventures !
L’apéritif, moment fort du raid, me permet de faire connaissance avec plusieurs équipages. Je laisse pour une fois ma timidité de côté ! Il n’y a décidément que l’aviation qui peut y parvenir ! Après nous être restaurés, nous préférons rejoindre notre tente, comme d’autres. Certains continueront la soirée au pub du terrain !
Le lendemain matin, nous en prenons une fois de plus plein les yeux. Une fine brume recouvre tout le terrain, offrant à nos appareils photos de très belles opportunités ! Le groupe s’éveille peu à peu après une nuit plus ou moins courte ! Le déjeuner pour ma part vite avalé, je range notre tente. Car le camion doit vite repartir vers la France pour être à Verchocq pour le repas du midi. Mais une fois le camion reparti, la nouvelle tombe : les conditions météorologiques pour un retour vers notre mère patrie ne sont pas réunies. J’emmène donc Jean-Jacques découvrir les plaisirs du multiaxes dans les environs de Lashenden. Si la météo en France est dégradée, outre-manche, le soleil se lève paisiblement et nous offre une fois de plus de très beaux paysages à contempler !
Puis arrive midi. Les conditions ne nous sont toujours pas favorables. Nous décidons donc, après avoir déjeuné au restaurant du terrain, de partir à la découverte, en ULM bien sûr, du Sud-est de l’Angleterre. Et une fois de plus nous ne sommes pas déçus ! Notre expédition nous amène vers Hastings puis Eastbourne. Nous survolons de nombreux châteaux et d’imposantes propriétés ! La région du Kent est décidément majestueuse et possède bien des atouts. Une fois de retour à Lashenden, nous apprenons que le retour en France est possible. Nous refaisons le plein, puis après un dernier coup d’œil sur le terrain britannique, nous retournons sur Ashford puis Folkestone et enfin Douvres. Cette fois la Manche est entièrement dégagée et nous pouvons longer le littoral. Nous distinguons dors et déjà les côtes françaises. Nous prenons maintenant la direction du Cap Gris Nez parfaitement visible cette fois ci ! Nous avalons les kilomètres… Très vite c’est Verchocq. Après un posé toujours sur la piste 24 mais cette fois sans aucun soucis, nous partons pour le restaurant « L’escadrille » pour manger une bonne crêpe et nous remettre de nos émotions ! Nous les remercions au passage pour leur accueil. Mais une fois de retour sur l’aire de stationnement, nous ne pouvons que constater le vide qui règne par le départ d’une très grande majorité des appareils vers leur plateforme respective. La fin de notre aventure est proche. J’ai comme un pincement au cœur. Nous finalisons alors avec Eric et Laurent le relevé des immatriculations, pour vérifier que personne ne manque à l’appel et afin de clôturer le plan de vol ! Nous sommes les trois derniers à partir avec Eric et Laurent ! Le soleil se couche paisiblement. L’agitation et la saturation des conversations à la radio laissent maintenant place à un silence presque inquiétant. La région vallonnée nous offre les derniers paysages à admirer et nous savourons chaque instant de ces derniers moments de vol…De nouveau dans le ronronnement du moteur Rotax nous arrivons rapidement, trop rapidement, sur Doullens. Amiens est déjà à portée de vue. Arrivés sur la ville nous croisons un collègue avion qui nous suit pendant quelques instants. Une fois sur le terrain nous choisissons de nous poser sur la piste en dur, fraîchement rénovée. Alors que nous arrivons à l’arrondi, l’ULM comme le pilote refusent de se poser, comme nostalgiques de ce temps passé avec les nuages. Finalement, les roues effleurent la piste dans une douceur rare. Nous sommes maintenant au parking, il est plus de 20H00. Nous rentrons l’ULM dans son hangar. Je jette un dernier coup d’œil sur l’appareil avant de fermer les portes, ouvertes la veille, élément précurseur d’une très belle aventure ! Nous n’avons désormais plus qu’une seule idée en tête : recommencer l’année prochaine et un seul mot à la bouche : merci !"
16/06/2009 @ 22:31:34
par Benji421
Tu raconteras ta formation autogire au ...
16/06/2009 @ 16:08:46
par LJ35
Vraiment très belle, l'affiche de cette ...
05/06/2009 @ 09:04:21
par LJ35
Bonjour à tous ! Ce fut un ...
03/06/2009 @ 21:43:56
par Benji421
Waho ca avait l'air bien sympa ...
11/05/2009 @ 18:17:48
par Tom